Le Diabète

Le diabète se caractérise par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose (glycémie) trop élevé. Découvrez dans cet article et dans la vidéo ci-dessous tout ce qu’il y a à savoir sur le diabète de type 2 et le diabète de type 1 (insulinodépendant) : causes, symptômes, traitements, facteurs de risques, dépistage...

Examen et diagnostic  : comment savoir si on a du diabète ?

Un dosage de la glycémie est pratiqué en laboratoire d'analyses médicales. Un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.

Les deux types de diabète

On distingue principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 qui touche environ 6% des diabétiques et le diabète de type 2 qui en touche 92 %. Les autres types de diabète concernent les 2 % restants (MODY, LADA ou diabète secondaire à certaines maladies ou prises de médicaments).

Le diabète de type 1 (diabète insulino-dépendant ou DID)

Le diabète de type 1, appelé autrefois diabète insulinodépendant (DID), est habituellement découvert chez les personnes jeunes : enfants, adolescents ou jeunes adultes.

Le diabète gestationnel, appelé aussi "diabète de grossesse", survient chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d'un diabète antérieur. Quels sont les symptômes et les causes ? Quels risques pour la mère et le foetus ? Comment se réalisent le dépistage et le diagnostic ? Quels sont les traitements ?

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Selon la définition de l’OMS*, le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

Sous le terme de diabète gestationnel, on regroupe deux populations différentes :

  • les femmes qui ont un diabète méconnu et que la grossesse va révéler
  • les femmes qui développent un diabète uniquement à l’occasion de la grossesse, trouble qui disparaît le plus souvent après la grossesse.

Causes du diabète gestationnel

Comme pour le diabète, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides, c’est à dire un trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique.
 
Pour des questions liées à la grossesse chez la femme qui se sait diabétique, consultez la page sur la grossesse de la femme diabétique (lien).
 
S’il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse, c’est que la grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement au cours de la grossesse.

Dans tous les cas, le diabète gestationnel doit être surveillé et traité car il comporte un risque pour la mère comme pour l’enfant.

Le Diabète dans le monde

415 millions de personnes sont atteintes du diabète dans le monde d’après la Fédération internationale du diabète. Celle-ci qualifie le phénomène de véritable pandémie, car la progression est considérable. Ainsi, l’OMS prévoit 622 millions de diabétiques d’ici 2040. Atlas IDF 2015

Contrairement aux idées reçues, le diabète n’est pas l’apanage des pays développés. Sa progression est fulgurante dans les pays en voie de développement et notamment en Afrique. Plus de 2/3 des personnes diabétiques ne sont pas diagnostiquées. Partout, l’exode rural génère des centaines de millions de citadins, qui adoptent brutalement un mode de vie sédentaire, une rupture soudaine de leur mode d’alimentation, avec des apports anarchiques de produits industriels trop gras et trop riches en glucides.

Cette situation est considérablement aggravée par une inégalité tragique d’accès aux traitements. Dans bien des régions de la planète, les complications du diabète peuvent effectuer leurs ravages.

La réalité du diabète est méconnue, sous-estimée, voire ignorée dans une indifférence tristement et dangereusement partagée du Nord au Sud. Plus que jamais, l’information des populations, la formation des soignants, l’accès aux soins, sont des enjeux fondamentaux, trop ignorés des opinions publiques et négligés par les gouvernements, dans bien des pays du monde.

La prise de conscience de la gravité de l’épidémie a amené l’ONU à déclarer solennellement le 14 novembre de chaque année « Journée mondiale du diabète des Nations Unies ».

Information, sensibilisation, solidarité doivent mobiliser toutes les parties prenantes, toutes les énergies pour lutter contre l’épidémie silencieuse du diabète.

 

LA THYROÏDE

 

Fatigue, prise de poids…et si c’était la thyroïde ?

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Près d’un français sur 10 souffre d’une anomalie de la glande thyroïde. Cette petite glande d’une vingtaine de gramme située dans le cou est un incroyable chef d’orchestre de multiples fonctions de l’organisme. La thyroïde régule le poids, le rythme du cœur, le transit intestinal, la pousse des cheveux, la nervosité, la sudation, les tremblements, la fertilité, le taux de cholestérol…
Elle est très sensible et toute altération de son fonctionnement peut conduire à une fatigue intense, une prise ou perte de poids importante, des palpitations, une constipation, une peau sèche. Face à tous ces symptomes en particulier chez les femmes, au moment de l’adolescence, de la grossesse ou de la ménopause, une seule question doit se poser : et si c’était la thyroide ?
Les maladies de la thyroide concernent majoritairement les femmes (9 femmes pour un homme) , sont favorisées par des facteurs génétiques (on retrouve presque toujours un membre de la famille atteint) et certaines circonstances de la vie liées aux hormones féminines comme la puberté, la grossesse ou la ménopause. Les maladies de la thyroide peuvent concerner sa morphologie (trop grosse, c’est un goitre, avec des nodules) ou son fonctionnement : elle fonctionne trop (hyperthyroïdie) ou trop peu (hypothyroïdie).

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le rôle de la thyroïde

La thyroïde fabrique des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) qui grace à la circulation sanguine sont diffusées dans tout l’organisme. Elles participent à de nombreuses fonctions, réglent en partie la température (abaissée en cas de manque d’hormones, augmentée dans le cas contraire), fréquence cardiaque (diminuée en cas de manque, augmentée dans le cas contraire), le transit intestinal (diminué dans l’hypothyroïdie, augmenté dans l’hyperthyroïdie), la nervosité (majorée en cas d’excès d’hormones, diminuée en cas de manque), le poids très augmenté en cas de manque d’hormones, diminué en cas d’excès, la sudation, les tremblements, la pousse des poils et cheveux…

Tous les cas de dysfonctionnement sont accompagnés d’une grande fatigue.

La glande thyroïde est contrôlée par une hormone produite par la glande hypophyse, la TSH (hormone qui stimule la thyroïde). En cas de manque d’hormone thyroïdienne la TSH s’élève pour inciter la thyroïde à produire plus d’hormones, en cas d’excès d’hormones la TSH s’abaisse pour donner le signal à la thyroïde de cesser de fabriquer des hormones.

 

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thyroïde et iode

La thyroïde fabrique des hormones thyroidiennes (T3 et T4) à base d’iode, ce qui explique qu’en cas de carence ou d’excès en iode il puisse y avoir des perturbations de la fonction thyroïdienne. Les habitants proches des centrales nucléaires disposent de gélule d’iode à prendre en cas d’accident. La thyroïde est tellement avide d’iode qu’elle capte un maximum d’iode disponible. Si celui ci est radio actif en cas d’accident, cela peut avoir de graves conséquences pour la thyroïde. Le fait de prendre ces gélules sature la thyroïde en iode et elle n’a plus la place pour capter de l’iode radio actif.

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goitre

Un goitre est synonyme de «grosse glande thyroïde». La thyroïde fonctionne en général normalement mais la taille est excessive.
Le petit goitre peut être quasi invisible et à l’extreme un gros goitre peut être très génant pour la respiration et imposer une opération rapide.
Certains facteurs favorisent les goitres, c’est le cas d’un manque d’iode ou de facteurs génétiques. En cas de goitre, il est utile d’en rechercher la présence chez sa mère et ses sœurs (ou frères).
Les examens à faire sont un dosage des hormones thyroïdiennes et de la TSH pour vérifier l’absence de dysfonctionnement et une échographie.
Le médecin jugera de l’intérêt ou non d’un traitement médical ou chirurgical.

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hypothyroïdie

L’hypothyroïdie est un fonctionnement insuffisant de la thyroïde qui ne produit plus assez d’hormones.
Ceci se traduit par une fatigue intense, prise de poids, constipation, frilosité, perte de cheveux, infiltration, baisse de la tension, de la fréquence cardiaque…
Tous ces signes doivent alerter surtout s’il y a un contexte familial de problèmes thyroidiens.
L’hypothyroïdie survient plus volontiers lors du vieillissement mais peut s’observer assez frequemment chez des personnes jeunes atteintes de thyroïdite.

Le bilan comporte une prise de sang pour un dosage des hormones thyroidiennes et de la TSH et une échographie si besoin.
Le diagnostic est évident lorsque la TSH est élevée, mais il existe des formes frustres avec une TSH à la limite de la norme et des hormones abaissées légèrement.
Le traitement consiste en un apport quotidien d’hormones thyroïdiennes sous forme de comprimé. Il peut s’agir le plus souvent d’un traitement à vie.

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thyroïdite

La thyroïdite est une inflammation de la thyroide qui peut être aigue ou chronique.
Dans le premier cas, la thyroïde est très sensible, voir douloureuse et augmentée de volume, la survenue brutale, souvent au décours d’une infection ORL. La fonction thyroïdienne peut être normale ou perturbée, le plus souvent en HYPOTHYROÏDIE
La résolution est généralement rapide sous traitement médical mais peut évoluer dans un second temps vers une hypothyroïdie.
C’est l’évolution naturelle de la thyroidite chronique, la plus fréquente étant la thyroïdite d’HASHIMOTO (le médecin japonais qui l’a décrite en premier). Dans cette forme d’inflammation, l’organisme produit des anticorps qui détruisent peu à peu la thyroide, celle ci fabriquant de moins en moins d’hormones.

Le diagnostic est porté sur des signes d’HYPOTHYROÏDIE, confirmé par un dosage des hormones thyroïdiennes (basses) et de la TSH (élevée), des anticorps anti thyroïdiens (TPO, élevés) et une échographie montrant une thyroide de petite taille parfois siège de petits nodules.
Le traitement consiste en un apport quotidien d’hormones thyroïdiennes sous forme de comprimé. Il s’agit le plus souvent d’un traitement à vie

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hyperthyroïdie

L’hyperthyroïdie est un fonctionnement excessif de la thyroïde qui ne produit trop d’hormones.
Ceci se traduit par une fatigue intense, perte de poids, accélération du transit, chaleur excessive, perte de cheveux,  hausse de la tension, de la fréquence cardiaque, picotement oculaires, tremblements…
Tous ces signes doivent alerter surtout s’il y a un contexte familial de problèmes thyroidiens.
L’hyperthyroïdie survient à tous les ages.
Les facteurs favorisants sont les antécédents familiaux de problème thyroïdien, la présence d’un goitre mais aussi le stress pour certaines formes d’hyperthyroïdie.

Le bilan comporte une prise de sang pour un dosage des hormones thyroidiennes et de la TSH et des anticorps anti récepteurs de la TSH (TBII) ainsi qu’une échographie.
Le diagnostic est évident lorsque la TSH est basse  avec des hormones élevées.

 

Les causes peuvent être différentes :

– Maladie de BASEDOW : accompagnée assez souvent d’un goitre (mais pas toujours), sans nodule, avec parfois des signes oculaires (les yeux sortent de l’orbite). Cette maladie est due à une production d’anticorps qui ont une structure très proche de la TSH et trompent la thyroide. Celle ci croit reconnaître le signal de la TSH et se met à produire en excès des hormones. Il s’agit d’une maladie autoimmune, qui survient plus souvent dans un contexte d’autres maladies auto immunes et peut être déclanchée par un stress.Le bilan comporte une prise de sang pour un dosage des hormones thyroïdiennes  élevées et de la TSH abaissée et des anticorps anti récepteurs de la TSH (TBII) élevés ainsi qu’une échographie . Son traitement est dans un premier temps médical puis éventuellement chirurgical.

– Le nodule toxique : il s’agit d’un nodule (une sorte de kyste) de la thyroide qui se met à fonctionner tout seul sans se soucier du signal de l’hypophyse. Il peut ou pas y avoir un goitre. Le bilan comporte une prise de sang pour un dosage des hormones thyroidiennes  élevées et de la TSH abaissée, une échographie et une scintigraphie qui va préciser la nature du nodule. Le traitement est chirurgical ou par ingestion d’iode radioactif qui va se fixer sur le nodule, le détruire avec un risque non négligeable d’hypothyroidie par la suite.

– Une thyroïdite aigue dans sa phase initiale peut s’accompagner de signes d’hyperthyroïdie (cf ci dessus) .

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nodule thyroïdien


Le nodule thyroïdien est très fréquent le plus souvent banal. Il s’agit d’une petite protubérance sur ou dans la glande thyroïde. On donne le nom de nodule thyroïdien (du latin nodulus, petit noeud) à cette masse. La taille est très variable de quelques millimètres à plusieurs centimètres, visibles ou non à l’œil nu, palpable ou non. La thyroïde fonctionne normalement et c’est l’échographie qui est ici l’examen majeur pour le diagnostic et le suivi aidé de la ponction réalisé de préférence sous échographie avec une aiguille très fine.

 

Il existe de nombreux types de nodules, la plupart bénins :

– Le nodule colloïdal est la forme la plus courante de nodule, le nodule colloïdal se reconnaît par une petite excroissance de tissu thyroïdien normal, de nature bénigne (non cancéreuse). Habituellement, un seul nodule se forme. Leur traitement est le plus souvent médical, plus rarement chirugical

– Les kystes ou hématocèles.  Ils sont généralement remplis de liquide. Ils peuvent atteindre jusqu’à 5cm de diamètre. Ils sont, pour la plupart, bénins. La ponction peut les vider totalement et un traitement médicamenteux est généralement prescrit.

– Le nodule inflammatoire apparaît le plus souvent chez des personnes atteintes d’une thyroïdite, une inflammation de la thyroïde. Leur traitement est médical

– L’adénome est une tumeur bénigne. Une ponction complète le diagnostic et selon la taille et le caractère le traitement est médical ou chirurgical.

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cancer thyrodoïdien

Le cancer de la thyroïde représente environ 5 % des nodules thyroïdiens. Les nodules sont plus fréquents chez les femmes, mais les hommes ont un risque accru de développer un cancer dans un nodule thyroïdien. Les personnes qui ont des antécédents de troubles thyroïdiens ou qui ont reçu un traitement de radiothérapie à la tête ou au cou durant leur enfance sont plus à risque. Ce cancer est rarement mortel; le taux de survie après 5 ans dépasse 98 %.

Le traitement est chirurgical, éventuellement associé à une prise d’iode radio actif et suivi d’un traitement médical à vie.