Gastro-entérologie

La gastro-entérologie est la discipline médicale appliquée à l’appareil digestif, c’est-à-dire :

  • tout le tube digestif (depuis l’œsophage jusqu’à l’anus) ;
  • des organes : le foie (avec la vésicule biliaire) et le pancréas.

Le médecin spécialiste de gastro-entérologie est le gastro-entérologue. Parfois, il est appelé « hépato-gastro-entérologue » (le terme « hépato » s’applique au foie).

Les principales pathologies concernées par la gastro-entérologie sont :
a) des maladies du tube digestif :

  • de l’œsophage : reflux gastro-œsophagien, hernie hiatale, varices de l’œsophage… ;
  • de l’estomac : ulcère, problèmes de digestion, saignements… ;
  • de l’intestin : constipation, diarrhée, ballonnements, maladie de Crohn, rectocolite, diverticules… ;
  • du rectum et de l’anus : hémorroïdes…

b) des maladies du foie, de la vésicule ou du pancréas :

  • hépatite virale ;
  • maladies liées à l’alcool ;
  • troubles d’origine vésiculaire ;
  • pancréatite ;
  • etc.

Coloscopie

Je dois effectuer une coloscopie

La coloscopie est l’examen de référence pour l’exploration du côlon. Nécessitant une préparation soigneuse des intestins avant l’examen, elle implique une hospitalisation de quelques heures.

À quoi sert la coloscopie ?

La coloscopie permet d’examiner en détail les différentes parties de l’intérieur du gros intestin (côlon) et les derniers centimètres de l’extrémité finale de l’intestin grêle (iléon). C’est l’examen le plus performant pour diagnostiquer le cancer colorectal (cancer qui se forme dans le côlon ou dans le rectum).

Cet examen permet aussi de faire des prélèvements de muqueuse (biopsies) pouvant être analysés et de procéder à l’ablation de polypes. Ces derniers sont des tumeurs bénignes de la muqueuse du côlon qui peuvent, à terme, se transformer en lésion cancéreuse.

Pourquoi m’a-t-il été prescrit ?

La coloscopie est utile pour déterminer l’origine de certains symptômes (constipation chronique, douleurs intestinales, saignements ou glaires dans les selles...). En l’absence de symptômes, elle peut aussi dépister des lésions précancéreuses (polypes) ou cancéreuses en cas de facteurs de risque ou de positivité du test de dépistage réalisé sur un échantillon de selles.

Comment dois-je me préparer à passer une coloscopie ?

·        Une coloscopie doit être réalisée sur des intestins propres : sans aucune matière fécale.

·        Pour cela, il faut suivre un régime sans fibres alimentaires (légumes verts, crudités, salade, laitages, fruits crus), en général 2 à 3 jours avant l’examen.

·        Pour terminer de nettoyer les intestins, il est également indispensable de boire le liquide laxatif de préparation de l’intestin (purge) prescrit par le médecin, la veille et/ou quelques heures avant l’examen. Il ne faut ni manger, ni boire, ni fumer dans les 4 à 6 heures précédant l’examen.

·        Comment se déroule la coloscopie ?

·        L’examen utilise une sonde souple (appelée endoscope) dont l’extrémité est munie d’une petite caméra introduite par l’anus. Durant la coloscopie, de l’air est insufflé pour déplisser les parois du côlon.

·        Vais-je être endormi pendant la coloscopie ?

·        La coloscopie est réalisée sous anesthésie générale ou sédation (anesthésie légère). Une consultation auprès d’un médecin anesthésiste est donc obligatoire, une semaine avant l’examen.

·        Quelles peuvent être les complications ?

·        Examen courant, la coloscopie engendre de très rares complications : perforation des parois du colon, hémorragies, apparition ou persistance anormale de douleurs abdominales, de sang rouge ou de selles noires, de fièvre ou de frissons après l’examen.

·        À quelle fréquence dois-je effectuer cet examen ?

·        Il n’est généralement pas nécessaire d’avoir une coloscopie plus d’une fois tous les cinq ou dix ans. Seuls certains patients présentant un risque familial ou des polypes volumineux peuvent avoir besoin d’y recourir plus souvent.

 

 

Diverticules dans le côlon

J'ai des diverticules dans le côlon

 

C’est très fréquent : près de 30 % des personnes de plus de 60 ans ont des diverticules dans le côlon. Dans 10 % des cas, ces diverticules peuvent s’infecter. Il n’y a aucun risque de cancérisation.

Les diverticules, qu’est-ce que c’est ?

Le gros intestin (le côlon) dessine un cadre dont le premier angle est situé en bas du ventre, à droite (à l’endroit de l’appendice) ; le côlon droit, ou ascendant, se poursuit avec le côlon transverse (horizontalement, au niveau de la taille), puis le côlon gauche, descendant, le sigmoïde, enfin le rectum et l’anus. C’est essentiellement sur le côlon droit, le côlon gauche et le sigmoïde que l’on intervient le plus souvent, pour des cancers le plus souvent.

Les diverticules au côlon sont-elles fréquentes ?

Oui, très fréquentes. Après 60 ans, 30 % des gens en ont.

Quelles sont les causes des diverticules ?

On pense que les diverticules sont liés à l’hyperpression dans le côlon, elle-même due à un manque de fibres dans l’alimentation.

Comment est-ce que cela se manifeste ?

Le plus souvent, il n’y a aucune manifestation (ni douleur, ni diarrhée, ni constipation) et on découvre les diverticules à l’occasion d’une coloscopie (cf. fiche) ou d’une radiographie.

Le retour au domicile est possible dans les 4 à 6 jours.

Dans 10 % des cas, il se produit une infection du diverticule : c’est la diverticulite. Comment se produit-elle ? Les diverticules ne restent pas vides. Des matières fécales dures comme de la pierre peuvent s’y accumuler. Ces petits cailloux (appelés stercolithes) peuvent irriter le diverticule et provoquer une infection, la diverticulite, qui se manifeste par de la fièvre et des douleurs.

Il peut survenir des complications : perforations, abcès, fistules.

Comment faut-il traiter les diverticules ? Faut-il opérer ?

-La diverticulose banale ne nécessite ni opération ni médicament. En revanche, un régime riche en fibres est recommandé.

-La diverticulite se traite par des antibiotiques. Elle peut nécessiter une hospitalisation.

-En fin de compte, on opère en cas de récidive de la diverticulite et si des complications apparaissent.

Y a-t-il un risque de cancer ?

La réponse est non : un diverticule ne peut pas se cancériser.

Fibroscopie

Je dois effectuer une fibroscopie œso-gastro-duodénale

 

La fibroscopie est l’examen de référence pour explorer les voies digestives hautes, c’est-à-dire l’œsophage, l’estomac et le duodénum (partie initiale de l’intestin, immédiatement après l’estomac).

À quoi sert une fibroscopie ?

Réalisée par un gastro-entérologue, la fibroscopie œso-gastro-duodénale (OGD) permet d’examiner la paroi (muqueuse) du tube digestif.

Elle est utile pour rechercher :

– un ulcère : plaie profonde de l’estomac ou du duodénum (cf. fiche) ;

– une inflammation de la muqueuse ;

– une infection à Helicobacter pylori , une bactérie qui ne vit que dans l’estomac humain (cf. fiche) ;

– une hernie hiatale (passage permanent ou intermittent d’une portion de l’estomac dans le thorax) ;

- – une tumeur ;

- – ou une sténose (rétrécissement) du tube digestif.

Elle permet également d’effectuer des prélèvements de muqueuse (biopsies) pour analyse, de stopper une hémorragie (dans le cas d’ulcères gastriques ou de varices de l’œsophage), de retirer des polypes (tumeurs bénignes pouvant, à terme, se transformer en lésion cancéreuse) ou de traiter une sténose (par dilatation, mise en place d’une prothèse ou « stent »).

Pourquoi m’a-t-il été prescrit ?

La fibroscopie OGD permet de rechercher les causes de troubles digestifs persistants (vomissements, douleurs, brûlures d’estomac, reflux acides...), de saignements digestifs extériorisés (vomissements de sang) ou non et d’anémie par carence en fer.

Comment dois-je me préparer à passer une fibroscopie ?

Le jour de l’examen, il faut être à jeun, c’est-à-dire ne pas avoir mangé, bu, ni fumé six à huit heures avant la fibroscopie.

Comment se déroule une fibroscopie ?

L’examen utilise une sonde souple, appelée endoscope dont l’extrémité est munie d’une petite caméra, introduite dans la bouche, puis, dans l’œsophage, l’estomac et le duodénum. Le passage de la sonde, favorisé par l’insufflation d’air, n’est pas douloureux, mais, parfois, inconfortable (sensation de nausée). L’examen dure, en général, quelques minutes.

Vais-je être endormi pendant la fibroscopie?

Le plus souvent, une simple anesthésie locale (de la gorge) suffit. Pour des raisons de confort, une anesthésie générale peut également être proposée par le médecin, surtout si une intervention thérapeutique est prévue.

Quelles peuvent être les complications ?

L’insufflation d’air dans la sonde peut provoquer des ballonnements sans gravité et de brèves douleurs abdominales. Les incidents graves au passage de la sonde (perforation de la paroi du tube digestif) sont extrêmement rares.

Maladie de Crohn

J’ai la maladie de Crohn

Maladie inflammatoire chronique intestinale, la maladie de Crohn peut toucher n’importe quelle partie du tube digestif. On ne peut guérir de cette pathologie, mais les traitements actuels permettent, le plus souvent, de contrôler la maladie et de mener une vie normale.

Qu’est-ce que la maladie de Crohn ?

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) de cause inconnue. Contrairement à la rectocolite hémorragique qui n’atteint que le côlon et le rectum, la maladie de Crohn peut toucher n’importe quelle partie du tube digestif, de l’œsophage à l’anus. Néanmoins, elle concerne le plus souvent le côlon (ou gros intestin) et la partie terminale de l’intestin grêle (l’iléon). La maladie de Crohn se déclare le plus souvent entre 20 et 30 ans, mais peut survenir à tout âge. Elle évolue sous forme de poussées : les périodes d’activité de la maladie (apparition des symptômes) sont séparées de périodes de rémission et d’accalmie (disparition des symptômes).

Comment diagnostique-t-on la maladie de Crohn ?

Plusieurs examens et analyses sont souvent nécessaires pour diagnostiquer la maladie de Crohn. Ils comprennent, notamment, un examen physique complet du patient, des endoscopies, des examens d’imageries tels que le scanner et l’IRM et des analyses sanguines.

Quels sont les symptômes de la maladie de Crohn ?

Lors des périodes d’activité, la maladie peut causer divers symptômes selon sa localisation : des douleurs et crampes abdominales accentuées après les repas, des diarrhées (avec ou sans saignement), des pathologies anales comme les fissures (plaie causant des douleurs de l’anus), des abcès ou des fistules anales (écoulement permanent de pus autour de l’anus). Une fatigue et un malaise général, un faible appétit et une perte de poids (même avec un régime alimentaire équilibré) peuvent également être observés. D’autres symptômes peuvent survenir tels que la présence de sang ou de glaires dans les selles, des nausées et vomissements, une légère fièvre et des douleurs aux articulations.

Y a-t-il des facteurs favorisants ?

Une prédisposition génétique et le tabac peuvent jouer un rôle. Une réaction contre la flore intestinale peut aussi être en cause.

Quelles sont les principales complications ?

La maladie de Crohn peut entraîner diverses complications : occlusion intestinale, perforation du tube digestif (abcès, péritonite), lésions anales comme les fissures, abcès ou fistules, hémorragies du tube digestif, dénutrition, anémie en raison de saignements répétés, retard de croissance et de puberté. Enfin, comme la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn multiplie par 2 à 2,5 le risque de cancer colorectal. Un dépistage régulier par coloscopie est donc nécessaire après plusieurs années d’évolution. D’autres manifestations non digestives de la maladie de Crohn peuvent survenir avec atteinte des articulations, de la peau, de la bouche et des yeux. Avant d’envisager une grossesse, il est donc préférable que la maladie de Crohn soit bien contrôlée par les traitements.

Quel en est le traitement ?

Il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement la maladie de Crohn mais de nombreux médicaments très efficaces permettent le plus souvent de contrôler parfaitement la maladie et de mener une vie normale. Les solutions existantes peuvent juguler l’inflammation pour soulager les symptômes (douleurs, crampes, diarrhées...). Durant les crises, il est conseillé de diminuer la consommation de fibres alimentaires (essentiellement fruits et légumes) qui augmentent le volume et le nombre des selles. La chirurgie peut être nécessaire pour traiter certaines complications comme l’occlusion, la perforation, l’hémorragie intestinale ou les complications anales de la maladie. Dans certains cas, la chirurgie peut être proposée en dehors de toute complication pour enlever une portion du tube digestif atteinte par la maladie, qui ne peut être convenablement traitée par les médicaments. Le chirurgien peut être amené à mettre temporairement en place un anus artificiel (soit une poche), afin de permettre la bonne cicatrisation des sutures digestives.

Rectocolite hémorragique

J’ai une rectocolite hémorragique

Maladie inflammatoire chronique intestinale, la rectocolite hémorragique atteint le rectum et/ou le côlon. Évoluant sous forme de poussées, elle nécessite un suivi régulier du gastro-entérologue.

Qu’est-ce que la rectocolite hémorragique ?

La rectocolite hémorragique (ou RCH) est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) de cause inconnue. Contrairement à la maladie de Crohn, elle n’atteint que le rectum et/ou le côlon (gros intestin) de manière plus ou moins étendue. Elle se caractérise par une alternance de poussées (avec symptômes) et de rémissions (sans symptôme).

Comment diagnostique-t-on la rectocolite hémorragique ?

Plusieurs examens permettent de diagnostiquer la RCH : – la rectoscopie qui peut être faite au cabinet du gastro-entérologue à l’aide d’un petit tube rigide introduit dans l’anus, permettant l’examen du rectum ; – la coloscopie, méthode utilisée pour examiner la totalité du côlon ; – la coloscopie dite « courte » ou « rectosigmoïdoscopie » qui permet d’examiner le rectum et le sigmoïde (dernière partie du côlon avant le rectum).

Quels en sont les symptômes ?

La RCH peut se révéler par divers symptômes :

– diarrhée avec des glaires et du sang ;

– « faux besoins » et/ou envies très pressantes d’aller à la selle ;

– douleurs rectales et anales avec contracture du sphincter ;

– douleurs abdominales (spasmes) ;

– nausées et vomissements.

Il est possible que des symptômes plus généraux surviennent : fatigue, amaigrissement, cassure de la courbe de poids et de la taille chez l’enfant, perte d’appétit, fièvre, pâleur. D’autres symptômes non digestifs associés à la maladie peuvent également être présents : douleurs articulaires, jaunisse, aphtes dans la bouche, nodules sur les jambes et les avant-bras, problèmes oculaires (œil rouge et douloureux).

Quelles sont l’évolution et les complications possibles de la rectocolite hémorragique ?

L’objectif est de permettre aux patients atteints de RCH de mener une vie proche de la normale. Mais l’évolution de la RCH est très variable : certains malades peuvent être gênés par la maladie au quotidien, et d’autres avoir des poussées espacées dans le temps de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Les complications possibles de la RCH sont :

– une anémie en cas de saignements répétés ;

– une dénutrition si les diarrhées sont prolongées et importantes ;

– plus rarement, des colites très sévères avec des saignements abondants, une diarrhée profuse avec de la fièvre, une perforation du côlon.

Certaines complications graves peuvent entraîner l’ablation du côlon. Enfin, sur le long terme, le risque de cancer du côlon augmente chez les patients atteints de RCH. Un suivi régulier par coloscopie est indispensable après plusieurs années d’évolution.

Quelles sont les règles nutritionnelles à respecter ?

Lors des poussées, un régime sans fibre est recommandé. Un diététicien peut aider à adopter une alimentation qui couvrira tous les besoins du patient atteint de rectocolite hémorragique. Entre les poussées, il faut revenir à un régime normal.

Quels sont les traitements médicamenteux ?

Le gastro-entérologue définit un traitement adapté à chaque patient pour traiter les poussées et les éventuelles complications, prévenir les rechutes et maintenir un état nutritionnel correct (notamment chez l’enfant, afin qu’il puisse avoir une croissance satisfaisante). Plusieurs médicaments sont prescrits pour le traitement des poussées et, également, en traitement d’entretien continu ou prolongé pour prévenir les rechutes.

Quand doit-on opérer ?

Une intervention chirurgicale devient nécessaire quand les médicaments se révèlent inefficaces, en cas de complication aiguë (hémorragie massive, perforation), ou lorsqu’un cancer du côlon est détecté. Elle consiste, en général, à enlever totalement le côlon (dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au rectum), avec éventuellement ablation du rectum (dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au canal anal). Souvent, le chirurgien doit mettre en place de façon le plus souvent temporaire un anus artificiel (une poche de colostomie).

Reflux gastro-oesophagien RGO

J’ai un reflux gastro-œsophagien (RGO)

 

Très fréquent, le reflux du contenu de l’estomac vers l’œsophage (RGO) se traite généralement bien par des médicaments et reste une maladie bénigne dans la très grande majorité des cas. Le risque de complications peut, parfois, justifier un suivi régulier par un spécialiste.

Qu’est-ce que le reflux gastro-oesophagien ?

Le RGO désigne la remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage. L’estomac produit des substances très acides (sucs gastriques) qui aident à la digestion des aliments. Contrairement à la paroi gastrique (de l’estomac), celle de l’œsophage n’est pas conçue pour résister à l’acidité du contenu de l’estomac. Le reflux entraîne alors une inflammation de l’œsophage engendrant des brûlures, des irritations et, parfois, des lésions de la muqueuse (paroi) de l’œsophage.

Quelles sont les causes du reflux ?

Le plus souvent, le reflux a pour origine un mauvais fonctionnement du sphincter (anneau musculaire) situé à la jonction de l’œsophage et de l’estomac. En temps normal, ce sphincter empêche le contenu de l’estomac de remonter dans l’œsophage, s’ouvrant seulement pour laisser passer la nourriture ingérée. Dans le RGO, le sphincter est incompétent et laisse remonter les sucs gastriques de l’estomac.

Le reflux gastro-oesophagien peut aussi être favorisé par une hernie hiatale qui correspond à la remontée dans le thorax d’une partie de l’estomac. La hernie hiatale n’est pas synonyme de RGO, c’est simplement un facteur favorisant ce dernier.

Enfin, l’obésité et le surpoids sont des facteurs qui participent au développement du RGO.

Comment le diagnostique-t-on ?

Le diagnostic est aisé quand les symptômes du reflux gastro-oesophagien sont typiques : régurgitations acides, brûlures remontant derrière le sternum (os situé au milieu de la cage thoracique). La fibroscopie œso-gastro-duodénale (cf. fiche) est parfois indiquée et permet le diagnostic de certitude quand il existe une œsophagite (inflammation de la muqueuse de l’œsophage), présente dans 30 % des cas environ. Dans certains cas, il peut être utile d’avoir recours à des examens plus rares comme la pHmétrie : un petit tuyau (cathéter) est placé dans l’œsophage par le nez et connecté à un boîtier qui enregistre les reflux acides pendant 24 heures. Cet examen peut se révéler nécessaire quand les symptômes sont moins typiques : toux inexpliquée, douleurs dans la poitrine, maux de gorge ou laryngite.

Quelles sont les complications ?

Elles sont multiples :

– ulcère de l’œsophage ;

– sténose (rétrécissement) de l’œsophage empêchant d’avaler normalement ;

– certaines anomalies de la muqueuse (paroi) œsophagienne pouvant donner lieu à des lésions potentiellement cancéreuses à long terme. Si elles sont présentes (environ 10 % des cas), une surveillance régulière par fibroscopie (cf. fiche) est justifiée pour dépister un éventuel cancer, dont la fréquence reste cependant faible.

Quels sont les traitements du reflux gastro-oesophagien ?

Les médicaments permettant de réduire l’acidité gastrique (antiacides, inhibiteurs de la pompe à protons) donnent le plus souvent de bons résultats : soulagement des symptômes, cicatrisation des œsophagites.

La chirurgie du reflux gastro-œsophagien consiste en la réalisation d’une valve entre l’œsophage et l’estomac pour bloquer les remontées acides. Cette valve est confectionnée avec la partie haute de l’estomac. Cette chirurgie s’impose lorsque la hernie hiatale est très volumineuse et/ou que les symptômes ne sont pas soulagés par les traitements.

Ulcère à l’estomac

J’ai un ulcère à l’estomac (gastro-duodénal)

 

L’ulcère est une « plaie » douloureuse de la muqueuse (paroi) de l’estomac ou du duodénum (partie initiale de l’intestin, immédiatement après l’estomac), provoquée dans la grande majorité des cas par une bactérie. Il se soigne en général par un traitement médicamenteux.

Qu’est-ce qu’un ulcère ?

Pour commencer la digestion des aliments que nous ingérons, l’estomac sécrète des sucs gastriques composés de substances très corrosives (car composées d’acide chlorhydrique). L’estomac est protégé des sucs qu’il sécrète par un film (le mucus) qui forme une barrière protectrice très efficace. Mais, lorsque le caractère corrosif de ces sucs est trop important et/ou que la muqueuse est fragilisée, une lésion peut apparaître. Ce « trou » est appelé ulcère gastrique (s’il se situe dans l’estomac) ou ulcère duodénal (s’il se trouve dans le duodénum).

Comment se manifeste-t-il ?

Douleurs, crampes, brûlures, torsion au creux de l’estomac et sous les côtes, à droite, sont les signes les plus fréquents de l’ulcère. Ces symptômes apparaissent, en général, à distance des repas. Nausées, vomissements, troubles de la digestion peuvent également survenir.

Quelles sont les causes de l’ulcère ?

La bactérie Helicobacter pylori (cf. fiche) est en cause dans 70 % des cas d’ulcère gastrique et dans 85 % des cas d’ulcère duodénal. L’ulcère peut également être causé par la prise régulière de certains médicaments : aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens (sans corticoïdes).

Tabac, alcool, café – en consommation excessive – et médicaments anti-inflammatoires (aspirine ou autres) peuvent aggraver l’ulcère et retarder sa cicatrisation.

Comment pose-t-on le diagnostic de l’ulcère ?

Il se pose grâce à une fibroscopie œso-gastro-duodénale (cf. fiche). L’examen utilise une sonde souple (appelée endoscope), dont l’extrémité est munie d’une petite caméra, introduite dans la bouche, puis, dans l’œsophage, l’estomac et le duodénum. Les ulcères sont facilement diagnostiqués par l’endoscopie.

Quel est le traitement de l’ulcère ?

Les traitements qui réduisent la sécrétion acide de l’estomac permettent une cicatrisation de l’ulcère dans la majorité des cas (par exemple : un inhibiteur de pompe à protons durant 4 à 6 semaines).

Quand une infection à Helicobacter pylori est présente (cf. fiche), le traitement antibiotique (parfois associé à du bismuth) pendant 10 jours permet une éradication de l’infection dans 90 % des cas, qui met les patients à l’abri d’une récidive.

Y a-t-il un risque de complications ?

Parfois des complications surviennent : perforation (péritonite) ou hémorragie (vomissements de sang rouge, selles noires comme du goudron).

 

En cas d’hémorragie, un traitement par endoscopie peut arrêter le saignement. En cas d’échec ou de perforation de l’ulcère, un traitement chirurgical s’impose.