La chirurgie de la main

La chirurgie de la main concerne les pathologies chroniques ou accidentelles de la main. Si des chirurgiens spécialisés consacrent leur activité chirurgicale à la main, c’est parce qu’elle est d’une complexité extraordinaire, que le fait d’être privé des fonctions de la main constitue un grand handicap pour les gestes de la vie quotidienne et que les lésions de la main nécessitent des gestes chirurgicaux très méticuleux. Chaque main comporte 8 os dans le poignet, 5 dans le métacarpe, 14 phalanges, 19 articulations pour les colonnes des doigts, des muscles, des tendons extenseurs, des tendons fléchisseurs, des gaines, des poulies, des artères, des veines, des nerfs...

Se maquiller, fermer sa chemise, changer un bébé, coudre, travailler, manger, peler un fruit, écrire, saisir un texto, faire de la musique... : la mobilité et la sensibilité de la main sont omniprésentes dans la vie de tous les jours.

Les principales pathologies concernées par la chirurgie de la main sont :

– des pathologies chroniques : par exemple maladie de Dupuytren ;

– des lésions accidentelles : fractures, plaies articulaires, plaies tendineuses, plaies artérielles et nerveuses.

Plaie articulaire

J’ai une plaie articulaire de la main

Une plaie de la main communiquant avec une articulation expose à un risque d’infection avec destruction de l’articulation. Les plaies articulaires sont plus fréquentes en cas de blessure du dos de la main. Elles exigent un traitement chirurgical rapide.

Je viens de me blesser à la main. Que dois-je faire ?

Vous devez consulter en urgence un chirurgien spécialisé. La sévérité de la plaie n’est pas liée à sa taille, mais à son mécanisme et à son caractère « pénétrant », c’est-à-dire aux dégâts situés en profondeur. Des tendons, notamment extenseurs ou fléchisseurs des doigts, des nerfs ou artères peuvent être lésés.

Une plaie communiquant avec une articulation doit aussi être nettoyée chirurgicalement car elle expose au risque d’infection détruisant l’articulation. Elle est souvent associée à une plaie des tendons extenseurs.

Quels examens demandera le chirurgien ?

Il vous interrogera sur l’accident et l’instrument en cause : par exemple cutter où les lésions sont, en général, franches ; ou machine industrielle où elles peuvent être plus délabrantes.

Le chirurgien vous demandera aussi si vous êtes vacciné contre le tétanos.

Il va examiner la peau de votre main, la chaleur de vos doigts pour rechercher une atteinte artérielle, tester la sensibilité nerveuse. Il vous demandera de mobiliser vos doigts pour vérifier que les tendons extenseurs de la main ne sont pas atteints.

Le chirurgien suspectera une plaie articulaire si vous présentez une douleur à la mobilisation d’une articulation et pourra demander des radiographies et des échographies pour rechercher un corps étranger.

Au moindre doute de plaie articulaire, une exploration chirurgicale sera faite sous anesthésie.

Que va faire le chirurgien lors de l’intervention ?

L’intervention dure de 30 minutes à 2 heures, selon l’importance des lésions, et se déroule habituellement, sans hospitalisation, sous anesthésie locorégionale (on endort le bras).

Le chirurgien va laver abondamment la plaie articulaire et la nettoyer (ablation d’un corps étranger…), réparer les lésions (suture des tendons extenseurs, d’un vaisseau…).

Que va-t-il ensuite se passer ?

Un pansement aura été posé sur la plaie, au bloc opératoire, qui sera renouvelé régulièrement (voir fiche). La main peut avoir été immobilisée avec une attelle, qui sera enlevée provisoirement pour les soins.

On vous prescrira des médicaments antidouleur et, parfois, des antibiotiques.

Prévenez votre chirurgien si les douleurs augmentent d’intensité, si la plaie suinte, si vos doigts deviennent froids. Une complication peut être en cause.

Soyez patient. La cicatrisation peut être longue et, souvent, vous devrez vous soumettre à une rééducation.

De quoi s’agit-il ?

Il existe, au niveau de la main, deux catégories de tendons.

Des tendons fléchisseurs, qui assurent la flexion des doigts et glissent dans une gaine située sous la paume.

Des tendons extenseurs, situés au dos de la main, qui étendent les doigts. Leurs lésions exposent au risque de plaie articulaire (voir fiche).

Les plaies des tendons exigent, en général, une intervention chirurgicale.

Que faut-il faire en cas de suspicion de plaie des tendons ?

Il faut consulter immédiatement un chirurgien spécialisé pour explorer la nature de la plaie et la réparer. Attention : on peut parfois plier ses doigts avec un tendon fléchisseur partiellement coupé. Le risque est que le tendon se rompe secondairement.

Que va faire le chirurgien ?

Il va vous interroger sur la nature de l’accident, vérifier l’état de votre vaccination antitétanique, examiner votre main (chaleur, pouls, sensibilité) pour rechercher d’autres lésions (nerfs, artères...). Il vous demandera de bouger les doigts pour voir quel tendon fléchisseur est abîmé.

Cette exploration sera poursuivie pendant l’intervention.

Comment se déroule l’intervention ?

Elle se déroule, en général, sans hospitalisation sous anesthésie locorégionale – on endort le bras – et dure de 45 minutes à 2 heures, selon le nombre de tendons touchés, l’existence ou non de lésions associées. Le plus souvent, le chirurgien suture les tendons abîmés. Parfois, il greffe un tendon. Ce qui peut requérir plusieurs interventions.

Et après ?

Vous devrez suivre précocement une rééducation plurihebdomadaire par un kinésithérapeute ; cette rééducation sera intensifiée après trois mois. Il faut en général six mois pour que la main retrouve une fonction normale.

On vous posera au dos de la main une attelle qui sera enlevée pour les soins, puis remise et définitivement ôtée après six semaines.

Suivez les conseils de votre chirurgien. N’allongez pas les doigts tant qu’il ne vous a pas donné le feu vert. Sinon, la suture pourrait lâcher.

Quelles sont les complications de la chirurgie ?

Hors le risque de rupture de sutures, des adhérences peuvent se former et empêcher les tendons fléchisseurs de glisser dans leur gaine.

Plus rarement, apparaissent des infections, des douleurs résiduelles.

Pour accroître les chances de succès, respectez les examens et consultations de suivi proposés par votre chirurgien.

//// ORTHO – Opérer canal carpien ///// Title : On va m’opérer d’un syndrome du canal carpien Meta Description : Si votre syndrome du canal carpien ne s’est pas amélioré avec les mesures classiques (port d’une attelle, infiltrations, médicaments anti-inflammatoires), le chirurgien vous propose de vous opérer.

Pourquoi opérer ?

Le syndrome du canal carpien, provoqué par la compression d’un gros nerf (nerf médian) au niveau du poignet, se manifeste par des fourmillements, des engourdissements et une diminution de la force dans le pouce, l’index et le majeur. Cette compression résulte d’un gonflement de la gaine qui entoure les tendons et le nerf médian. Or, le canal carpien, délimité par les os du poignet et un ligament très solide, est inextensible.

Lorsque le traitement classique (attelle, infiltrations, anti-inflammatoires) ne suffit pas à faire régresser les troubles, le nerf médian est en danger et il faut opérer pour le « libérer ».

En quoi consiste l’opération ?

L’intervention consiste à ouvrir l’épais ligament antérieur qui ferme le canal. La gaine qui entoure les tendons peut être enlevée lorsqu’elle est épaissie ou pathologique.

Cette intervention est réalisée sous anesthésie du membre supérieur et en ambulatoire (vous ne restez pas dormir à la clinique).

Il existe deux techniques chirurgicales :

– la technique classique consiste à pratiquer une incision d’environ 5 à 7 cm au niveau du poignet et de la paume ;

– la technique par endoscopie consiste à faire deux petites incisions (une sert à introduire un tube muni d’une minuscule caméra et l’autre, l’instrument chirurgical).

La technique endoscopique a l’avantage d’éviter la cicatrice dans la paume de la main et de permettre une reprise d’activité plus rapide. Elle n’est pas réalisable dans tous les cas, en particulier quand le poignet est raide, de très petite taille, lorsqu’il existe un antécédent de fracture avec un cal vicieux ou en cas de synovite importante.

Que se passe-t-il juste après l’intervention ?

Le patient garde le gros pansement une semaine en prenant garde de ne pas le mouiller et en évitant les efforts importants. Il est nécessaire de bouger les doigts le plus normalement possible.

Il est normal d’avoir un peu mal la première journée après l’intervention. Les médicaments antidouleur classiques sont efficaces. La douleur disparaît en un à deux jours.

En cas de travail manuel, un arrêt de travail de deux à trois semaines est habituel.

Quelle amélioration ressent-on ?

Après l’intervention, les fourmillements nocturnes disparaissent généralement dès la première nuit. La région palmaire et la base du pouce restent sensibles à la pression pendant trois à six mois. La force et la sensibilité complète reviennent après le sixième mois.

Soins après une chirurgie de la main

Les soins après chirurgie de la main

Une infirmière s’occupera de changer et nettoyer votre pansement et surveillera l’état de la plaie. Prévenez-la en cas de signe clinique suspect.

Quels soins vais-je avoir après l’intervention ?

Vous sortirez du bloc opératoire avec, sur la plaie, un pansement adapté aux lésions que vous présentez. Ce pansement, qui sera renouvelé après 48 à 72 heures, sera le plus petit possible pour ne pas gêner la mobilisation des doigts non blessés.

L’infirmière de ville, que vous pourrez rencontrer à son cabinet, se chargera ensuite de refaire le pansement toutes les 72 heures. Elle vérifiera le bon état de la plaie et la nettoiera en respectant une hygiène rigoureuse pour éviter tout risque d’infection.

Si une attelle a été posée, elle l’enlèvera, puis la remettra pour renouveler le pansement.

Le renouvellement des pansements est-il douloureux ?

Si le soin est douloureux, on pourra vous proposer de prendre un médicament antidouleur une heure avant. L’infirmière peut aussi mouiller le pansement pour l’enlever plus facilement sans induire de douleur.

Quelles précautions devez-vous prendre ?

• Il est important de ne pas mouiller le pansement lorsque vous prenez des douches (ce qui est en général possible 48 heures après l’intervention). Sinon, la plaie pourrait macérer et cela favoriserait le développement d’infections. Une solution pratique consiste à envelopper la main opérée dans un sac en plastique et à fermer le sac avec un film de cellophane.

• Il faut informer l’infirmière et le chirurgien si des signes cliniques se manifestent : reprise de la douleur, gonflement, écoulement, modification de la couleur de la peau.

Une complication peut être en cause.

• Surtout, suivez les conseils de votre chirurgien et ne mobilisez vos doigts en cas des plaies des tendons que lorsqu’il vous a autorisé à le faire. Sinon, la suture pourrait lâcher.

• La cicatrisation se fait plutôt bien au niveau des mains. Cependant, il est conseillé dans les suites de l’intervention de masser la cicatrice tous les soirs pour la rendre peu à peu plus fine. Ce qui prend souvent un an.

• Pendant un an, protégez votre cicatrice du soleil en la recouvrant d’un pansement ou en utilisant une crème solaire d’indice de protection d’au moins 20.

Combien de temps serai-je arrêté de travailler ?

 

 

C’est très variable, de pas du tout à quelques mois. Cela dépend de la gravité des lésions, de la main en cause (droite ou gauche), de votre travail (manuel ou non).