1) Urologie

L’urologie est la discipline chirurgicale qui s’applique aux pathologies de l’appareil urinaire (reins, bassinet, uretères, vessie, urètre) ainsi qu’à l’appareil génital de l’homme (prostate, testicules, érection).
Le spécialiste de l’urologie est le chirurgien urologue (également appelé « urologue »). Ce chirurgien travaille en étroite collaboration avec le médecin spécialiste des maladies rénales : le néphrologue.

Les principaux domaines concernés par l’urologie sont :

  • au niveau des reins : saignements, tumeurs, traumatismes des reins ;
  • au niveau du bassinet et de l’uretère : calculs, tumeurs ;
  • au niveau de la vessie : saignements, polypes, incontinence d’urines ;
  • au niveau de la prostate : hypertrophie bénigne, cancer, prostatite ;
  • au niveau des organes génitaux : troubles de l’érection, pathologies testiculaires… ;
  • dans les centres spécialisés, la transplantation rénale.

 a) Adénome de la prostate :

       J’ai un adénome de la prostate :

          L’adénome de la prostate (également appelé hypertrophie bénigne de la prostate) est une maladie très fréquente : elle touche près de 50 % des hommes après 50 ans. Il s’agit d’une maladie bénigne qui peut ne donner aucun symptôme, mais aussi être responsable de troubles urinaires. Elle bénéficie de nombreux traitements médicamenteux et chirurgicaux. Il est possible de réduire l’inconfort de ses symptômes et la survenue de complications.

Adénome de la prostate : c’est quoi ?

La prostate est une petite glande du système génital de l’homme dont le rôle est essentiellement la production du liquide dans lequel vivent les spermatozoïdes. Elle est située sous la vessie et autour de l’urètre, ce canal qui amène les urines vers l’extérieur.

La prostate grossit naturellement à partir d’environ 45 ans, passant de 20 g chez le jeune adulte à plusieurs fois ce poids après 50 ans. Ce faisant, elle est alors le siège d’une tumeur bénigne, l’adénome (ou hyperplasie bénigne de la prostate), qui va gêner le passage des urines de la vessie vers l’extérieur, un peu comme un goulot d’étranglement.

Le médecin apprécie la taille et la consistance de la prostate par le toucher rectal. C’est de cette façon qu’il cherche une hypertrophie bénigne de la prostate.

Cet adénome de la prostate n’est pas une maladie cancéreuse. Il n’augmente pas le risque de cancer de la prostate, mais n’empêche pas non plus son développement.

Comment se manifeste un adénome de la prostate ?

Les symptômes de la maladie évoluent très progressivement par poussées en associant :

– une difficulté pour uriner : on doit « pousser » pour uriner ;

– de fréquentes envies d’uriner avec un volume de plus en plus faible d’urines à chaque miction, survenant d’abord la nuit (obligeant à se lever la nuit), puis la nuit et le jour ;

– un jet urinaire de plus en plus faible ;

– des envies urgentes d’uriner ;

– une sensation de n’avoir pas vidé complètement sa vessie après chaque miction.

Des complications peuvent aussi survenir d’emblée, qu’il s’agisse d’infections urinaires ou de rétention d’urines (impossibilité d’uriner) alors que la personne en ressent le besoin.

Quels traitements pour éviter ou différer l’opération de la prostate ?

• Il faut d’abord faire le point sur l’état de la prostate et de la vessie par divers examens (bilan urologique). Une analyse des urines (appelée ECBU) est aussi nécessaire, pour rechercher la présence de microbes ou de sang dans les urines, ainsi qu’une échographie de la vessie pour évaluer la quantité d’urines qui reste après que la personne a uriné.

• Lorsqu’ils ne donnent aucun signe, les adénomes de la prostate devront simplement être surveillés.

• Des traitements médicamenteux pourront ensuite être prescrits pour réduire la taille de la prostate et de l’adénome, ralentir l’évolution de la maladie prostatique et, parfois, éviter l’opération. Mais il faut s’assurer que la vessie se vide complètement.

Enfin, quand le traitement médical est inefficace ou le devient, il faut avoir recours à la chirurg

Bilan urodynamique :

Un bilan urodynamique est prescrit par un médecin pour préciser les mécanismes des troubles urinaires (fuites urinaires, mictions trop fréquentes, envies pressantes d’uriner, douleurs à la miction, nécessité de pousser pour uriner). Il permet ainsi de préciser le diagnostic pour prescrire un traitement adapté.

Comment préparer ce bilan ?

Un examen des urines est pratiqué une semaine auparavant pour détecter une éventuelle infection urinaire qui doit être traitée avant la réalisation de ce bilan. Il est préférable de se retenir d’uriner une heure avant l’examen et d’être allé à la selle au préalable. Certains médicaments peuvent modifier le comportement de la vessie. C’est pourquoi ils doivent être signalés avant l’examen ainsi que la présence d’un pacemaker ou d’allergies à certains produits. Enfin, il n’est pas nécessaire d’être à jeun ni de modifier ses habitudes alimentaires.

Comment se déroule l’examen ?

L’examen est réalisé en position gynécologique ou semi-assis, pour les femmes comme pour les hommes. Un examen clinique du petit bassin explore les fonctions neurologiques (contraction, sensibilité) du périnée (partie située entre la vulve et l’anus chez la femme, et la verge et l’anus chez l’homme). Il permet aussi, par des touchers pelviens (toucher vaginal, toucher rectal) associés à la palpation du bas-ventre, d’évaluer des anomalies éventuelles au niveau des organes du petit bassin (utérus, intestin, prostate…).

Qu’est-ce qui est mesuré ?

Trois explorations sont réalisées lors de ce bilan, afin de préciser les mécanismes des troubles urinaires :

  • une débitmétrie qui consiste à enregistrer la quantité d’urine émise et la durée de la miction ;
  • une cystomanométrie qui consiste à enregistrer les pressions qui règnent dans la vessie quand elle est vide et au cours du remplissage. Pour mesurer ces pressions, une sonde de fin diamètre est introduite par les voies naturelles (l’urètre, canal qui va de la vessie à l’extérieur) jusqu’à la vessie. Cette sonde permet à la fois d’enregistrer les pressions et de remplir progressivement la vessie avec de l’eau stérile. Il est souvent nécessaire de mesurer simultanément la pression abdominale par l’intermédiaire d’un capteur ressemblant à un suppositoire placé dans le rectum. Parfois, il est nécessaire d’enregistrer l’activité du sphincter de l’urètre (petit muscle qui permet de retenir ses urines) pour vérifier qu’il fonctionne correctement. Pendant le remplissage de la vessie, le patient doit signaler les besoins d’uriner. Il urinera à la fin de l’examen.
  • une profilométrie est réalisée à la fin du bilan : cet examen consiste à enregistrer les pressions qui règnent dans l’urètre. Pour cela, on retire progressivement de la vessie la sonde qui a été mise en place pour la cystomanométrie.

L’ensemble de l’examen dure environ une heure et il n’est pas nécessaire d’être hospitalisé ni anesthésié.

Que ressent-on après ?

Une sensation douloureuse du canal de l’urètre peut survenir dans les quelques heures suivant le bilan. Elle est liée au passage de la sonde dans l’urètre et n’a pas de caractère de gravité. Une infection des urines peut exceptionnellement se déclarer après le bilan urodynamique : elle doit être dépistée et traitée. Pour prévenir ce risque, il faut augmenter les quantités de boissons après le bilan

J’ai un calcul rénal :

 La présence d’un calcul rénal dans les voies urinaires à l’intérieur du rein est source d’inquiétudes car il peut, le cas échéant, être à l’origine de complications aiguës comme une colique néphrétique ou infectieuses comme une infection du rein (pyélonéphrite).

Qu’est-ce qu’un calcul rénal ?

Le calcul rénal (ou lithiase rénale) est une pierre de taille variable qui s’est formée dans les voies urinaires à l’intérieur du rein. Il peut être présent sans pour autant donner de symptômes tant qu’il ne bouge pas. Il peut se trouver coincé dans le rein ou à la jonction entre le rein et l’uretère (canal reliant le rein à la vessie), faisant obstacle partiellement au bon écoulement des urines vers la vessie.

Quelles sont les causes d’un calcul dénal ?

Les calculs rénaux ont diverses origines. Ils se forment à partir de cristaux présents dans les urines et sur le premier microcristal fixé vont venir s’agréger des substances chimiques aboutissant à la croissance de la taille de la pierre.

En fonction de leur origine, on distingue plusieurs types de calcul.

• La majorité des calculs (70 %) sont des calculs de calcium. Ils sont liés le plus souvent à l’absorption en quantité importante de calcium sous la forme de laitages ou de médicaments. Mais il existe aussi des calculs de calcium qui ne sont pas liés directement à cette absorption de calcium.

• Certains calculs sont liés à une maladie du métabolisme : c’est notamment le cas des calculs d’acide urique observés chez les personnes ayant un taux élevé d’acide urique dans le sang et les urines. Beaucoup plus rarement, d’autres affections métaboliques, par exemple un fonctionnement excessif des glandes parathyroïdes, peuvent être en cause.

• Certains calculs sont d’origine infectieuse. En effet, certains germes peuvent favoriser la formation de calculs qui vont se mouler dans l’ensemble des cavités à l’intérieur du rein (ces calculs sont appelés coralliformes).

• Parfois, aucune cause n’est retrouvée et la découverte d’un calcul à l’occasion d’une colique néphrétique restera un phénomène unique et inexpliqué.

Quels sont les risques ?

Le risque principal est la récidive d’une colique néphrétique qui est fréquente chez ceux qui en ont déjà souffert (chez 50 % d’entre eux, une deuxième crise est observée dans les 5 années suivantes).

L’autre risque est un risque infectieux du fait d’une difficulté d’écoulement des urines, source d’infections urinaires à répétition et d’altération du fonctionnement du rein.

Comment soigner des calculs rénaux ?

Pour prévenir ces risques, les mesures préconisées par le médecin vont dépendre de la nature du calcul et de ses causes : réduire les apports en calcium en cas de calculs de calcium, réduire les apports en protéines animales et traiter le taux excessif d’acide urique dans le sang en cas de calculs d’acide urique, prévenir, dépister et soigner les infections urinaires à répétition.

Enfin, il est toujours conseillé de boire beaucoup de liquides en dehors des crises.

b) Colique néphrétique :

J’ai une colique néphrétique :

Liée à la migration d’une petite pierre dans les voies urinaires, la colique néphrétique se manifeste par une violente douleur dans le dos, puis dans le bas du ventre. Elle nécessite un traitement pour soulager la douleur et aider la petite pierre à sortir par les voies naturelles. Les douleurs sont liées à la mise en tension brutale des parois urinaires du fait de l’accumulation des urines dans les voies urinaires.

Comment se manifeste une colique néphrétique ?

La douleur, intense, se manifeste d’une manière brutale, localisée d’abord derrière, au niveau des dernières côtes, d’un seul côté, celui où la petite pierre (calcul rénal ou lithiase) est en train de migrer. Puis, elle tourne vers le devant du ventre et irradie vers les organes génitaux externes.

Cette douleur parfois violente, évoluant par crise, s’accompagne souvent d’envies fréquentes d’uriner, de nausées et vomissements, d’une constipation, d’une anxiété et d’une agitation. Il peut y avoir du sang dans les urines.

Mais, il n’y a habituellement pas de fièvre.

Quelles sont les causes d’une colique néphrétique ?

C’est le plus souvent le passage d’un calcul (ou lithiase) dans les voies urinaires qui empêche ou ralentit l’écoulement des urines et provoque la douleur. Mais, plus rarement, cette dernière peut aussi être la conséquence d’une compression brutale des voies urinaires par une tumeur ou un traumatisme.

Comment traiter une colique néphrétique ?

Première chose à faire : téléphoner au service d’urgence (le 15). On vous orientera soit vers un médecin de garde, soit vers les services d’urgences.

Il faut boire le moins possible en attendant le médecin pour ne pas aggraver les douleurs.

Le médecin va soulager les douleurs. La plupart des calculs sortent spontanément des voies urinaires au bout de quelques heures. Le médecin pourra vous demander de filtrer vos urines à l’aide d’une compresse ou d’un filtre à café pou recueillir le calcul et pouvoir l’analyser.

Si cela ne suffit pas ?

Quand le traitement ne suffit pas à soulager la douleur ou s’il y a de la fièvre, on fera appel au spécialiste. Une petite sonde peut être mise en place entre le rein et la vessie pour faciliter l’élimination des urines en attendant le traitement de l’obstacle.

Dans certains cas, le calcul ne va pas s’éliminer spontanément et le chirurgien devra alors recourir à des techniques notamment pour le fragmenter (lithotripsie, fibre laser). Plus rarement et lorsque le calcul est très volumineux et siège dans les cavités intrarénales, une intervention par voie transcutanée au niveau du rein peut se révéler nécessaire.

Les récidives sont-elles fréquentes ?

Oui, les récidives sont fréquentes car le calcul peut se reformer ultérieurement (50 % de récidives à 5 ans). D’où l’importance d’une consultation spécialisée ultérieure, de l’analyse de la composition du calcul pour orienter la prévention par un régime et un traitement adaptés.

Cystoscopie

Je vais passer une cystoscopie

La cystoscopie consiste à introduire par l’urètre un fin tube souple muni d’une source lumineuse permettant de voir l’intérieur de la vessie et, au passage, celui de l’urètre.

Qu’est-ce qu’une cystoscopie ?

Une cystoscopie est un examen médical qui consiste à explorer la paroi interne :

– de l’urètre : canal qui permet d’évacuer l’urine de la vessie vers l’extérieur ;

– de la vessie.

La cystoscopie s’effectue à l’aide d’un endoscope (tube mince muni à son extrémité d’une lentille reliée à une source lumineuse) introduit dans les voies urinaires à partir du méat urétral.

Les endoscopes urinaires mesurent quelques millimètres de diamètre et sont munis d’une fibre optique conduisant la lumière et les images. Les plus récents possèdent une minicaméra et sont connectés à un écran vidéo permettant au patient de suivre l’examen, s’il le souhaite. Ils peuvent être équipés d’un canal opérateur permettant l’introduction d’instruments dans certains cas particuliers.

Pourquoi m’a-t-on prescrit cet examen ?

Une cystoscopie est réalisée soit pour aider au diagnostic de troubles urinaires, soit dans le cadre de la surveillance ou du diagnostic d’une lésion de la vessie.

Elle permet, en effet, de déceler d’éventuelles anomalies de la muqueuse de la vessie ou de l’urètre, de rechercher un cancer, des polypes, une inflammation, une infection ou une malformation de la vessie.

Comment se déroule-t-il ?

La cystoscopie est un examen réalisé par un urologue en externe (lors d’une consultation) ou, plus rarement, en ambulatoire (c’est-à-dire dans le cadre d’une hospitalisation de jour). Elle est réalisée après vérification de l’absence d’infection urinaire.

Chez l’homme, une anesthésie locale est réalisée par instillation dans l’urètre d’un gel anesthésiant.

Pendant l’examen, l’urologue introduit d’abord l’endoscope dans la vessie par le canal de l’urètre. Malgré l’effet de l’anesthésie locale, chez l’homme, le passage de l’appareil peut être ressenti au niveau du sphincter (muscle assurant la continence urinaire) et de la prostate.

L’urologue fait son exploration en progressant lentement de l’urètre vers la vessie. Il visualise, ainsi, la totalité des muqueuses. La cystoscopie dure, en général, cinq à dix minutes environ.

Après l’examen, il est possible de manger et de boire normalement. Le retour à domicile s’effectue après une heure d’observation et après avoir uriné.

Quels sont les risques liés à la cystoscopie ?

La progression de l’endoscope n’est pas très agréable, mais reste indolore grâce à sa souplesse, son petit diamètre et au gel anesthésique. Dans les heures qui suivent la cystoscopie, vous pourrez ressentir des besoins d’uriner pressants et une sensation de brûlures en urinant. En cas de persistance de ces troubles, vous devez prendre contact avec votre médecin traitant ou votre urologue. Les complications de cet examen (saignement urinaire transitoire et infection urinaire) sont rares.

 

c ) Incontinence urinaire

Bien que moins fréquente que chez la femme pour des raisons anatomiques, l’incontinence urinaire masculine correspond à l’émission involontaire d’urine. Elle survient soit à l’effort soit par envie très urgente, et peut parfois s’aggraver dans la journée. 10% des hommes de 60 ans et 30 % des hommes de plus de 90 ans en souffrent.

À quoi est due mon incontinence urinaire ?

Il existe plusieurs formes d’incontinence urinaire chez l’homme :

  • L’incontinence par hyperactivité de la vessie : la vessie se contracte de manière anarchique, conduisant ainsi à des pertes d’urine ou des envies irrépressibles d’uriner.
  • L’incontinence par regorgement (phénomène du trop-plein) : dans ce cas, le trop-plein est lié à une rétention chronique d’urine du fait soit d’un obstacle au niveau de l’urètre, soit d’un dysfonctionnement dans le réflexe pour uriner, d’origine neurologique (on appelle cela une « vessie neurologique »).
  • L’incontinence par faiblesse du sphincter urinaire, lequel permet de retenir les urines. Elle est le plus souvent liée aux séquelles d’une intervention chirurgicale.
  • L’incontinence « fonctionnelle » qui survient parfois chez les personnes âgées. Le patient n’arrive pas à se retenir sans que l’état de sa vessie ne soit en cause. Elle peut également être la conséquence de maladies neurologiques, comme la maladie d’Alzheimer.

Comment identifier la cause ?

L’interrogatoire et l’examen clinique permettent le plus souvent de se faire une idée de la cause. Mais des examens complémentaires vont permettre de préciser ce diagnostic (bilan urodynamique, examens de la fonction rénale, échographie de la vessie et de la prostate…).

Quel traitement peut-on me proposer ?

Le traitement va dépendre de la cause.

  • Dans l’incontinence liée à une hyperactivité vésicale, un traitement par médicaments est instauré. Un neuromodulateur vésical peut être posé pour provoquer le réflexe de miction : cela consiste à mettre sous la peau une sorte de petit pacemaker qui stimule des racines nerveuses impliquées dans la miction. On peut aussi faire, dans la paroi vésicale, des injections de toxine botulique qui ont un effet relaxant sur la vessie.
  • Dans l’incontinence par regorgement, le traitement repose sur la levée de l’obstacle s’il est identifié (résection de la prostate, ablation de la prostate…). Si le regorgement est lié à une « vessie neurologique », des auto-sondages ou un sondage à demeure (permanent) sont parfois envisagés.
  • Dans l’incontinence par faiblesse du sphincter urinaire, la rééducation de ce sphincter par des contractions répétées des muscles du périnée constitue une première approche. Des bandelettes insérées sous l’urètre sont aussi parfois proposées.

·        d) Lithotritie :

·        Je vais passer une lithotritie :

      La lithotritie est un traitement des calculs rénaux qui consiste à les fractionner à l’aide d’ondes de choc. Ce fractionnement des calculs a pour objectif de favoriser leur évacuation par les voies urinaires. Elle n’est pas indiquée avec certains types de calcul et dans certaines localisations de ce dernier.

·        Avant une lithotritie :

·        Une consultation médicale est nécessaire avec un médecin anesthésiste car, en France, la lithotritie est réalisée habituellement avec une anesthésie générale légère. Il faudra signaler si vous prenez des médicaments qui fluidifient le sang comme l’aspirine, les antiagrégants plaquettaires ou des anticoagulants. Il faudra signaler aussi si vous êtes enceinte ou porteur d’un stimulateur cardiaque. Un contrôle des urines est aussi réalisé avant l’intervention.

·        Il faut être à jeun avant l’intervention.

·        Comment se passe une lithotritie ?

·        Vous êtes allongé(e) sur une table de traitement. Puis, un repérage pour la localisation du calcul rénal est réalisé par un appareil à rayons X ou par échographie. Au contact de la peau et au niveau du calcul est posé un ballon rempli d’eau et couvert de gel d’échographie. Il va permettre aux ondes de choc de se propager jusqu’au calcul pour le fragmenter.

·        Pendant l’intervention, vous entendrez peut-être le bruit des ondes de choc.

·        N.B. : il faut parfois plusieurs interventions pour éliminer le calcul.

·        Après l’intervention :

·        • Le plus souvent, le retour à la maison est possible le soir même.

·        • Du fait de la migration des fragments de calcul à travers les voies urinaires, les urines sont colorées de sang pendant quelques heures jusqu’à quelques jours. Si des douleurs surviennent, un traitement antidouleur, prescrit par votre urologue, pourra être pris. Ces fragments vont s’éliminer par les voies naturelles pendant plusieurs jours. En l’absence de douleurs, des boissons abondantes faciliteront cette élimination.

·        • De retour à la maison, il est recommandé de filtrer les urines (compresse, filtre à café...) pour recueillir les fragments de calcul qui seront ultérieurement analysés. Cette analyse permettra de vous proposer un régime alimentaire et des boissons adaptés afin de réduire le risque de récidive de colique néphrétique.

·        • Enfin, il faut recontacter le service où a été réalisée la lithotritie si des douleurs aiguës persistent ou si de la fièvre survient dans les heures ou les jours qui suivent.

·        • Une consultation de contrôle est de toute façon nécessaire à distance du traitement pour évaluer le résultat avec des techniques d’imagerie médicale.

Opération d'un adénome de la prostate par les voies naturelles

L’opération de l’adénome de la prostate en passant par les voies naturelles s’appelle « résection endoscopique trans-urétrale de la prostate ». Pour cette intervention, le chirurgien urologue peut soit se servir d’un résecteur pour tailler des copeaux, soit d’un laser pour vaporiser la prostate (l’opération laser a fait l’objet d’une fiche spéciale).

Une résection endoscopique de la prostate consiste à élargir le canal de l’urètre (canal qui conduit les urines de la vessie à l’extérieur) quand il passe à travers la prostate. Cette intervention est indiquée après qu’un traitement médicamenteux bien conduit a trouvé ses limites pour réduire les symptômes de l’adénome de la prostate (difficultés à uriner, envies fréquentes d’uriner…). Elle consiste à enlever ou vaporiser la partie de l’adénome qui entoure l’urètre. Cette intervention ne nécessite pas d’ouverture de la paroi abdominale et ne laisse pas de cicatrice sur la peau.

Comment se préparer à l’intervention ?

Une échographie de la prostate est habituellement demandée pour vérifier son volume et l’aspect de la vessie. Un bilan sanguin, une analyse d’urines sont réalisés avant l’intervention. Si une infection urinaire est présente, la date de l’intervention devra être repoussée. La prise d’un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire devra être signalée. Ces prescriptions pourront être modifiées en concertation avec le cardiologue et l’anesthésiste. Peu avant l’intervention, un traitement antibiotique est mis en place à titre préventif.

Comment se déroule l’intervention ?

Elle se fait sous anesthésie générale ou locorégionale (seule la partie inférieure est anesthésiée par une rachianesthésie).

Le chirurgien introduit un appareil appelé « endoscope » par le méat urinaire qu’il pousse tout le long de l’urètre. L’endoscope comprend une petite caméra qui permet de voir dans le canal et de repérer la prostate. Il est muni aussi d’une anse électrique (résecteur) pour retirer la prostate par copeaux (ou d’une fibre laser pour vaporiser le tissu prostatique). Les petits copeaux peuvent ensuite être analysés au microscope (alors que cette analyse n’est pas possible avec la vaporisation laser des tissus). Une sonde vésicale est mise en place à la fin de l’intervention. Il s’agit d’un petit tuyau qui va de la vessie à l’extérieur pour évacuer les urines. Cette sonde est maintenue un ou plusieurs jours après l’intervention pour laver en continu la vessie et éviter la formation de caillots qui risquent de boucher la sonde.

Comment se déroulent les suites opératoires ?

L’hospitalisation dure un à cinq jours après l’intervention, jusqu’à ce que les urines redeviennent suffisamment claires. L’intervention peut parfois se faire en ambulatoire (retour à la maison le soir même) dans des cas très sélectionnés. Des médicaments contre la douleur sont prescrits pour quelques jours, si besoin. La sonde est retirée environ 48 heures après que le lavage en continu est arrêté. Les urines peuvent rester légèrement rosées quelques jours après que la sonde a été enlevée. Les brûlures urinaires et les envies pressantes d’uriner vont peu à peu s’estomper, et il faut compter deux à trois mois pour que tout rentre dans l’ordre jusqu’à cicatrisation complète de l’urètre prostatique (portion de l’urètre qui traverse la prostate).

Précautions à prendre

Il faut boire abondamment durant toute cette période post-opératoire, éviter toute pression dans l’abdomen en combattant par exemple la constipation et en s’abstenant de tout effort important pendant un mois au minimum. Pendant environ un mois après l’intervention, il faut éviter également tout rapport sexuel.

Le risque d’éjaculation rétrograde est important (90 % des cas). De quoi s’agit-il ? Au lieu d’être propulsé vers l’extérieur lors de l’orgasme, le sperme remonte vers la vessie. En principe, cela ne modifie pas le plaisir de l’orgasme.

Il existe enfin un risque d’infection urinaire qui est prévenu en buvant suffisamment.

Le risque d’incontinence urinaire après l’opération est proche de zéro.

d) Polypes de la vessie :

J’ai des polypes de la vessie :

Les polypes de la vessie sont le plus souvent superficiels et bénins (70 à 75 % des cas). Ils se manifestent par la présence de sang dans les urines. Mais face à ce symptôme, il ne faut pas tarder à consulter pour éviter qu’ils n’évoluent vers des formes plus sévères.

Comment se manifeste les polypes de la vessie ?

Les polypes sont des petites excroissances sur la paroi interne de la vessie, un peu comme des stalactites sur la paroi d’une grotte.

Le symptôme principal est la présence de sang dans les urines en fin de miction (hématurie) : ce sont les dernières gouttes d’urine qui seront teintées de sang.

Le polype peut aussi se manifester par des brûlures en urinant ou par des envies douloureuses d’uriner.

Quelles sont les causes des polypes de la vessie ?

• Les polypes de vessie sont trois fois plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.

• Le tabac est un facteur favorisant de ces polypes de la vessie.

• Il existe d’autres facteurs de risque comme l’exposition à certains dérivés de produits industriels comme ceux utilisés dans l’industrie du caoutchouc, du goudron ou de la peinture (dérivés benzéniques).

Quels sont les examens à réaliser ?

En présence de sang dans les urines, le premier examen que demandera le médecin est un examen d’urines destiné à éliminer une infection urinaire (c’est l’examen cytobactériologique des urines ou ECBU). Le médecin peut aussi demander au laboratoire de rechercher la présence de cellules cancéreuses dans les urines.

Le médecin demandera aussi une échographie rénale pour voir si la cause du saignement ne provient pas des reins.

Si l’échographie rénale est normale, alors, le médecin demandera une fibroscopie de la vessie. Cet examen est réalisé à l’aide d’une petite sonde souple qui remonte par les voies naturelles. Il permettra d’explorer la vessie et, le cas échéant, de faire des prélèvements (biopsie) pour préciser le diagnostic.

Enfin, si nécessaire, un scanner du bas du ventre (région pelvienne) pourra être demandé.

Quel traitement pour les polypes de la vessie ?

Les polypes vont être retirés par les voies naturelles. La suite dépendra de leur analyse au microscope.

Dans la majorité des cas, une fois le polype retiré, seule une surveillance est préconisée. Mais les récidives sont fréquentes (30 %) et conduiront à l’instillation dans la vessie d’un produit pour empêcher la repousse des polypes. Si ces polypes pénètrent plus profondément dans la paroi de la vessie révélant leur nature cancéreuse, un geste chirurgical plus large sera alors nécessaire.

Dans tous les cas, le tabac doit être interrompu pour éviter des récidives plus fréquentes.

Sonde urinaire

Une sonde urinaire à demeure est un dispositif placé dans l’urètre (canal qui va de la vessie à l’orifice d’où sortent les urines, le méat urinaire), qui permet le drainage des urines depuis la vessie jusqu’à l’extérieur. Cette sonde est reliée à une poche extérieure de recueil des urines. Elle est retenue à l’intérieur de la vessie par un ballonnet gonflé qui doit être vidé lors du retrait de la sonde.

Pourquoi met-on une sonde ?

La principale indication est la rétention aiguë d’urine (impossibilité d’uriner malgré une forte envie). Une sonde à demeure peut également être mise en place pendant une intervention chirurgicale, pour assurer le drainage des urines vers l’extérieur. L’incontinence urinaire n’est pas une indication de la pose d’une sonde à demeure, sauf dans certains cas très particuliers.

Comment se passe la pose d’une sonde urinaire ?

La pose d’une sonde urinaire à demeure est pratiquée sur prescription médicale. Elle doit être réalisée dans des conditions optimales d’asepsie, avec un matériel adapté à chaque patient, par une infirmière diplômée d’État. Un lubrifiant stérile est utilisé ; un gel anesthésique peut également l’être.

Une toilette locale est effectuée avant l’intervention, avec savonnage, rinçage et séchage de la région urogénitale ainsi que des plis inguinaux (région de l’aine). Le patient est installé sur le dos, les jambes écartées, en respectant l’intimité, durant toute la durée de la pose. Un champ fendu est disposé sur le patient. La sonde vésicale est introduite par l’orifice d’où sortent les urines jusqu’à apparition d’urine dans le sac collecteur. La sonde doit être poussée ensuite de quelques centimètres pour s’assurer de son bon positionnement dans la vessie. Le ballonnet est alors gonflé. La sonde est ensuite connectée à une poche.

Et après la pose ?

Une toilette de l’orifice urinaire (méat urinaire) est pratiquée quotidiennement et après chaque selle. Elle s’effectue avec un savon liquide doux et du linge de toilette propre, suivie d’un bon rinçage à l’eau. Un patient sondé peut prendre une douche, mais il faut s’assurer, au préalable, de la fixation correcte de la sonde.

Une bonne hydratation par des apports hydriques importants est nécessaire pour permettre un flux régulier des urines à travers le dispositif.

Le sac collecteur est vidé lorsqu’il est plein aux trois quarts ou avant un transport du malade, en opérant exclusivement par le robinet de vidange.

Enfin, la sonde doit être retirée dès qu’elle n’est plus indispensable.

À noter que les patients avec une sonde urinaire en place ont le plus souvent des microbes dans les urines. Il ne s’agit pas d’une infection, mais d’une simple contamination qui ne nécessite pas de traitement antibiotique. Seules les infections importantes, accompagnées de fièvre, seront traitées.

Sonde urinaire en « double J »

Quand l’urine produite par un rein ne peut plus s’écouler dans l’uretère (canal qui va du rein à la vessie), à cause de calculs bloqués par exemple, le chirurgien peut placer une sonde en « double J » qui va permettre à l’urine de s'écouler.

Qu'est-ce que la sonde en « double J »?

Une sonde urinaire en « double J » (également appelée « endoprothèse urétérale ») est un tuyau de 2 à 3 mm de diamètre qui passe dans les uretères, canaux qui vont des reins à la vessie. Les extrémités font une boucle pour assurer le maintien de la sonde entre le rein et la vessie. Elle permet à l'urine de s'écouler librement. Elle est dite en « double J » à cause de la forme recourbée de ses deux extrémités. La sonde est faite en polyuréthane (plastique souple) ou en silicone. Il existe aussi des modèles en métal.

NB : ne pas confondre urètre et uretère :

  • L’urètre (qui s’écrit également « urèthre ») est le canal qui va de la vessie à l’extérieur.
  • Les uretères sont des canaux qui vont des reins à la vessie.

Quelles sont ses indications ?

Ce type de sonde a pour objectif de faciliter le passage des urines en assurant la perméabilité de l'uretère. Son indication la plus fréquente est l’existence de calculs urétéraux compliqués. Elle est également posée en présence d'un obstacle au niveau de l'uretère du fait d'un rétrécissement de ce canal, d'une compression extérieure due à une tumeur ou d'une fibrose. Enfin, elle peut être mise en place lors de l'ablation d'une tumeur du rein ou de l'uretère.

Comment est-elle mise en place ?

La sonde est posée sous anesthésie générale par les voies naturelles : le chirurgien introduit la sonde par le méat urinaire jusque dans la vessie ; là, sous contrôle de la vue grâce à un cystoscope installé dès le début, il vise l’orifice de l’uretère et y insère la sonde qu’il monte jusque dans le rein. Il fait un contrôle radiologique pour vérifier que la sonde est bien installée.

NB : la sonde peut parfois être mise en place après ponction directe du rein à travers la peau.

Quels sont les symptômes ressentis après la pose ?

Parfois aucun symptôme n'est ressenti. Mais peuvent survenir des envies d'uriner plus fréquentes qu'à l'accoutumée, surtout au début, et une gêne remontant vers le rein au moment d'uriner (car l'urine peut remonter dans la sonde quand la pression vésicale augmente). Les urines peuvent être légèrement sanglantes tant que la sonde est en place, du fait d’une irritation de la paroi de la vessie.

Comment soulager ces symptômes ?

Ils sont le plus souvent modérés et supportables. Mais s'ils sont plus sévères, ils peuvent être contrôlés par des traitements contre la douleur et l'irritation vésicale. Ces symptômes tendent à s'atténuer spontanément dans le temps et disparaissent après le retrait de la sonde. S'il y a du sang dans les urines en abondance, il faut boire davantage pour diluer les urines. Enfin, en cas de fièvre et de brûlures urinaires, il faut rechercher une infection urinaire pour la traiter.

Combien de temps garder la sonde ?

 

La durée de maintien de la sonde dans l'uretère est variable selon l'indication. Elle peut aller de six mois à un an avec des sondes de longue durée. Elle est ensuite retirée en consultation à l’aide d’un appareil (cystoscope) qui permet de voir à l'intérieur de la vessie et de tirer sur l'extrémité de la sonde avec une pince très fine, cela sous anesthésie locale.